Le shiatsu se pratique généralement dans un cadre très protocolaire, selon les écoles et selon les différents maîtres (Sensei en japonnais) rencontrés. Cette discipline s’apparente à la Médecine Traditionnelle Chinoise. Pour éclairer les personnes qui n’en n’ont jamais entendu parler, on a coutume de dire « c’est comme l’acupuncture, mais sans les aiguilles ».

L’acupuncture et la médecine chinoise demandent des années d’étude, de pratique et de connaissance parfaite de tout le système des méridiens. Par la prise des pouls, ou autre méthode, le praticien établit un diagnostic puis  posera les aiguilles en conséquence. Pour le shiatsu, c’est avec les pouces que l’on opère, avec des pressions le long de ces méridiens, selon un protocole précis défini par l’école d’apprentissage et le maître rencontré sur son parcours.

J’ai été formée au shiatsu durant plusieurs années, avec des praticiens de renoms qui creusaient un sillon : un cheminement, une connaissance, une éthique, un protocole.

Le protocole m’a donné un cadre dans lequel j’ai évolué et trouvé ma liberté.

Aujourd’hui, il me semble nécessaire de me positionner sur ma propre pratique. Mes séances ne sont pas des séances de shiatsu à proprement parler, bien que s’en inspirant très largement. Je ne m’inscris pas dans un protocole reconnu. Au fur et à mesure de mon expérience, j’ai éprouvé le besoin d’affirmer et d’affiner ma pratique.

Ici, nous sommes parfois pris dans une course effrénée : celle de notre quotidien, le travail (ou la recherche de travail), les transports en commun, la pollution sonore, visuelle, toutes sortes de sollicitations subies, le temps qui passe et nous avec.

Nous ne nous touchons plus, n’osons pas, ne pouvons pas. Nous cherchons dans notre mémoire, c’était quand la dernière fois ?

Être là, en présence, avec simplicité et justesse, c’est par là que commence la séance.

Je poserai mes mains, et dans une sorte de dialogue, d’écoute intuitive et d’échange, notre séance se poursuivra.